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22 décembre 2021 3 22 /12 /décembre /2021 21:00

En généalogie, il n’est pas rare de trouver des actes de mariage non filiatifs surtout lorsqu’on arrive au 17ème siècle.

Est-ce pour autant la fin des recherches sur cette branche ? Non, la branche n’est pas forcément définitivement « sciée » même si la recherche sera plus compliquée.



Voici un exemple issu de mon ascendance :

Tresson (72) – Archives départementales de la Sarthe -
1 Mi 1236 R1 – vue 169 / 382

 

« Le lundi 22ème janvier 1663 epouserent Guillaume CROYSEAU et Jacquine CHERDON par moy curé de ceans R . BOUTTIER»


Aucune indication sur les époux, ni lieu d’origine, ni témoin.


Pour compliquer le tout, il existe souvent des homonymes qui habitent le même village. Il y a donc lieu de ne pas se précipiter sur le 1er baptême trouvé d’un Guillaume CROISEAU ou d’une Jacquine CHERDON (ou CHARDON) qui peut être celui d’un homonyme (un oncle, un cousin germain ...).

 

Dans un pareil cas, il est au contraire important d’avancer avec prudence et de rechercher le maximum d’indices sur le couple recherché et son entourage.
 

  • retrouver un éventuel contrat de mariage :

 

Bien sûr, c’est au petit bonheur la chance, car faut-il encore connaître ou trouver le notaire, mais cette recherche peut être un bon moyen de trouver la filiation d’un couple … même si parfois le contrat de mariage est aussi non filiatif.

 

  • rechercher tous les enfants issus de ce couple (baptêmes et mariages) :

 

Les baptêmes indiquent les parrains / marraines qui peuvent donner des indices. D’une manière générale, on trouve dans l’ordre chronologique des enfants, les grands-parents puis les oncles et tantes … mais ce n’est pas toujours le cas. Mieux vaut donc ne pas faire de conclusions hâtives lorsque les liens de parenté ne sont pas clairement indiqués entre l’enfant et ses parrain / marraine.
Les notables du village (ou leurs enfants) sont aussi souvent nommés parrains / marraines sans qu’ils soient apparentés à la famille.

Les mariages des enfants peuvent, quant à eux, donner des témoins intéressants : un grand-père ou une grand-mère, un oncle, une tante, des cousins germains …

 

  • rechercher un éventuel 1er mariage ou remariage de l’époux survivant :

 

En général, le 1er mariage est filiatif et les suivants non filiatifs, le(s) époux sont alors dits veufs ou veuves de X ou Y. J’ai plusieurs cas dans ma généalogie où j’ai eu la chance de trouver un second mariage où la filiation est citée.

Les décès des époux peuvent aussi parfois donner des témoins intéressants : frères, sœurs, beaux-frères, belles-sœurs, parents …

 

  • regarder les actes des porteurs du nom des époux sur la commune (ou aux alentours) :

 

Les époux que l’on recherche peuvent être cités dans d’autres actes :
-  au mariage d’un frère, d’une sœur

- au décès d’un parent

 


Les baptêmes des enfants CROISEAU x CHARDON entre 1663 et 1671 à Tresson nous donnent les parrains / marraines suivants :
 

  • 1663 : Jacques BUSSON / Françoise JUIGNET
  • 1665 : Michel COCHARD / Renée MOREAUX
  • 1667 : Jacques BRUNEAU / Perrine GRANGER
  • 1669 : René BUSSON / Mathurine VIAU femme de Charles CHARDON
  • 1671 : Jean JOUAMAULT ? / Renée CHARPENTIER
     

Parmi ces parrains / marraines, aucun CROISEAU et un seul CHARDON (plus précisément la femme d’un CHARDON). On verra plus tard qu’ils sont tout de même utiles.

 

******

A Evaillé, on trouve le mariage le 10 septembre 1668 (vue 58) entre François CHERDON et Osmane GRASTEAU.

François CHERDON y est dit fils de Charles CHERDON et de défunte Renée BOITON.
Il est assisté :

- d’Ambroise DUMANS et Guillaume CROISEAU, ses beaux-frères à cause de leur femme

- de Renée et Jacquine les CHERDON

- de François SUCHER, prêtre curé de Bouloire et Doyen de Montfort, son parrain

A noter que la bénédiction nuptiale a été donnée par Mre Roger BOITON, prêtre vicaire de Conflans … sans doute un parent du côté de sa mère

Au vu de cet acte,
Jacquine CHERDON (épouse de Guillaume CROISEAU) est fille de Charles CHERDON et de Renée BOITON.


Son père a pu se marier plusieurs fois, donc la mère de Jacquine reste à vérifier.
 

Malheureusement, compte tenu du parrain de François CHERDON qui était curé de Bouloire, il y a de fortes chances que le couple CHERDON x BOITON ait eu ses enfants à Bouloire (où se marie d’ailleurs leur fille Marie avec Ambroise DUMANS en 1663).

Or, il n’y a pas de baptêmes à Bouloire avant 1643 pour prouver la filiation complète de Jacquine.

Quoiqu’il en soit, Charles CHERDON s’est marié au moins 2 fois :
- avec Renée BOITON (elle décède le 3.2.1664 à Tresson vue 214)
- avec Mathurine VIAU le 12.1.1666 à Tresson (vue 172)

 

Au décès de Charles CHARDON, le 26.2.1678 à Tresson (vue 128 / 321) assiste Mathurine VIAU, son épouse, et ses filles Renée, Marie et Jacquine CHARDON avec leurs maris (non cités)

 

Comme vu plus haut, Renée et Jacquine sont respectivement épouses DUMANS et CROISEAU.
 

Marie CHARDON a, quant à elle, épousé un LECOMTE dont une fille Marie LECOMTE se marie le 21.2.1678 à Tresson (vue 127 / 321) où l’on retrouve les 2 oncles DUMANS et CROISEAU.

Cela nous donne la parentèle suivante côté CHARDON :

 

 

******

 

Concernant Guillaume CROISEAU, on lui suppose une 1ère union avant son mariage avec Jacquine CHARDON en 1663.

En effet, sur Tresson, on trouve le mariage le 29.1.1652 à Tresson (vue 372) entre Guillaume CROISEAU et Catherine DERRE.

S’il s’agit bien du même Guillaume CROISEAU qui épouse successivement Catherine DERRE puis Jacquine CHARDON, il est fils de Mathurin CROISEAU et de Françoise LOYSON (filiation indiquée sur le 1er mariage, où il est dit de la paroisse de Villaines-sous-Lucé).

Une piste sérieuse mais qui demande à être confirmer.

 

1er point à vérifier :
Catherine DERRE était elle décédée en 1663 quand Guillaume CROISEAU se (re)marie ? Oui, on retrouve son décès le 14.8.1662 à Tresson (vue 210)

Il peut donc s’agir du même Guillaume CROISEAU.

 

Un indice important nous est donné dans l’acte de mariage de son fils Guillaume CROISEAU (fils de Jacquine CHARDON) marié en 1686 à Tresson (vue 225 / 321). Il est assisté de :
- Mre Michel JUIGNET, Notaire, son oncle paternel
- Jean PRIOU, cousin à cause de sa femme (Françoise JUIGNET)

Michel JUIGNET, notaire, s’est marié le 14.4.1657 à Ecommoy (vue 80) avec Renée MOREAU.
Malheureusement, le mariage est non filiatif (à noter le nom de son épouse, Renée MOREAU, qui est citée plus haut comme marraine d’un enfant CROISEAU).

 

A noter que le 1er enfant de Michel JUIGNET – à savoir Françoise JUIGNET baptisée en 1658 à Tresson vue 84 / 382 – a pour marraine Catherine DERRE.

 

Guillaume CROISEAU (x Catherine DERRE) et Guillaume CROISEAU (x Jacquine CHARDON) ont donc tous 2 un lien avec Michel JUIGNET, ce qui donne un indice de plus pour les fusionner.

2 actes de décès trouvés à Tresson nous font toucher du doigt la solution :

 

- 30.10.1661 (vue 204 / 382) : Renée LOYSON, dite « tante de Mre JUIGNET, notaire royal»

- 13.1.1665 (vue 215 / 382) : Michel JUIGNET, dit « père de Mre Michel JUIGNET, notaire royal»


Sachant que
Guillaume CROISEAU est fils de Mathurin CROISEAU et de Françoise LOYSON, il semble que Michel JUIGNET soit son demi-frère et fils de Michel JUIGNET et de Françoise LOYSON (sœur de Renée LOYSON).

A son 1er mariage en 1652, Guillaume CROISEAU est dit de Villaines-sous-Lucé.

C’est dans les registres paroissiaux de cette commune que l’on retrouve les baptêmes de Guillaume CROISEAU et Michel JUIGNET.

Guillaume CROISEAU y est baptisé le 13.2.1632 (vue 179), fils de Mathurin CROISEAU et de Françoise LOYSON.
Michel JUIGNET, le 9.9.1637 (vue 208), fils de Michel JUIGNET et de Françoise LOYSON … avec pour marraine, Renée LOYSON (sa tante).

 

Ses baptêmes confirment que :


- Guillaume CROISEAU et Michel JUIGNET sont bien demi-frères

- C’est le même Guillaume CROISEAU qui épouse successivement Catherine DERRE puis Jacquine CHARDRON
 


 

******

 

Malgré l’absence de filiation sur l’acte de mariage de Guillaume CROISEAU et Jacquine CHARDON, il a été possible de retrouver leurs 4 parents.

J’espère que cet article vous aura donné l’envie de compléter vos branches « muettes ».

 

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