Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 17:29

Citation de George Santayana trouvée au Musée des métiers de Argent-sur-Sauldre (18)  :

 

 

ceux_qui_oublient.jpg

 

 

"Ceux qui oublient le passé se condamnent à le recommencer."

Partager cet article

Repost 0
Published by cocojobo - dans Actualités
commenter cet article

commentaires

PAPILLON 19/12/2011 14:50


Bonjour Nicolas


A propos de la sentence de Santayana je viens de lire cet autre point de vue sur l’histoire. Le livre est au demeurant très intéressant et demande beaucoup de temps
pour être lu si on veut en retirer la substantifique moelle. Cet auteur, libanais professeur à New Yord a été trader pendant vingt ans à Wall Street


 


 


Le cygne noir. La puissance de l’imprévisible


Nassim Nicholas Taleb


Les Belles Lettres 2011


 


Pages 262-263


 


L’histoire est semblable à un musée où l’on peut se rendre pour voir le passé entreposé, et goûter au charme des jours anciens. C’est un merveilleux miroir dans
lequel nous voyons nos propres récits. Grâce à l’ADN, on peut même pister le passé. Je suis un passionné d’histoire littéraire. L’histoire ancienne comble mon désir de construire ma propre
autonarration, mon identité, pour me relier à mes racines (intriquées) de la Méditerranée orientale. Je préfère même les récits manifestement moins exacts des ouvrages anciens à ceux des livres
modernes. Parmi les auteurs que j’ai relus (pour savoir si on aime un auteur, le test infaillible est de voir si on le relit ou non), les noms suivants me viennent à l’esprit : Plutarque,
Tite-Live, Suétone, Diodore de Sicile, Gibbon, Carlyle, Renan et Michelet. Comparés aux ouvrages contemporains, il est évident que les leurs sont d’une qualité scientifique inférieure ; ils
sont en grande partie anecdotiques et pleins de mythes. Mais je le sais.


 


L’histoire est utile pour le plaisir qu’elle procure à découvrir le passé, et pour la narration (c’est un fait ), à condition que celle-ci demeure inoffensive. On
devrait apprendre avec une extrême prudence. L’histoire n’est certainement pas le lieu pour théoriser et acquérir une connaissance générale, et son but n’est pas non plus de nous aider pour
l’avenir, sans une certaine prudence. Elle peut nous apporter une confirmation négative, ce qui n’a pas de prix, mais aussi nous submerger de l’illusion de la connaissance.

PAPILLON 28/11/2011 16:05


Bonjour Nicolas


Cela faisait bien longtemps que nous n’avions plus de nouvelles de toi. Et je me réjouis d’en avoir de nouveau.


La phrase de Santayana est très connue et souvent utilisée par les historiens pour promouvoir leur discipline mais je dois avouer que j’ignorais qu’elle était de
Santayana. Maintenant je sais et je remarque qu’elle ne provient pas d’un historien mais d’un philosophe.


Je voudrais développer deux points, l’un est une anecdote personnelle à propos de Santayana, l’autre est sur la phrase elle-même.


Lorsque j’ai écrit il y a dix ans mon livre 10 fondateurs d’empires, de Rockefeller à Bill Gates, j’ai eu l’occasion d’entendre parler de Santayana parce
que la fille aînée de Rockefeller (au passage j’indique que la famille Rockefeller fut d’abord Roquefeuille lorsqu’elle habitait les Cévennes, nom qu’elle germanisa lorsqu’elle quitta la France
pour la vallée du Rhin en 1685, à la révocation de l’Edit de Nantes : dés 1750 cependant elle émigra de nouveau pour la Nouvelle Angleterre, cette fois sans changer de nom) épousa Charles
Strong, diplômé de Harvard qui fut un des assistants de Santayana puis professeur dans cette université. Toutefois en butte à l’hostilité de certains de ses collègues (qui pensaient que la
fortune de son beau-père n’était peut-être pas étrangère à sa nomination) et à une crise religieuse (il perdit la foi, (sa femme également)  lors d’un voyage en Europe alors que
les Strong et les Rockefeller étaient des baptistes, on dirait aujourd’hui fondamentalistes), le couple s’installa définitivement en Europe. Le patriarche exigea que leurs enfants vivent aux
Etats-Unis, ce qui n’arrangea pas la santé mentale de la fille et du gendre. Ce que j’ai appris depuis ton mail, c’est que Santayana lui-même finit par quitter Harvard et les Etats-Unis pour
l’Europe où il vécut jusqu’à sa mort. Il vécut principalement en France et en Italie où il mourut.


S’agissant de la phrase elle ne manque pas d’ambiguïté. Bien sûr que la connaissance de l’histoire permet d’éviter la répétition de certaines erreurs. Cela suppose
de savoir l’interpréter et de savoir l’appliquer à la situation présente. Je me souviens, j’avais onze ans en novembre 1956, donc bien incapable d’un jugement correct. Le gouvernement français
lança des troupes (avec les Anglais) pour reprendre le contrôle du canal de Suez que Nasser venait de nationaliser. L’argument développé par Guy Mollet, président du Conseil (et par Christian
Pineau, ministre des A E, mais aussi député de la Sarthe) était que Nasser était un nouvel Hitler et qu’il ne fallait pas refaire la même bêtise qu’à Munich en 1938 (sous entendu si nous avions
envahi l’Allemagne à ce moment là, Hitler aurait capitulé et les Allemands l’auraient renversé, et donc pas de 2e guerre mondiale). La suite a montré que l’argumentation était plutôt
fallacieuse. Ce qu’on ne sait pas beaucoup c’est que malgré cette invasion, les Egyptiens ont indemnisé la Compagnie universelle du Canal de Suez, laquelle au lieu de se saborder, son objet
social ayant disparu, a préféré utiliser les capitaux ainsi obtenus à sa transformation en banque d’affaires. Aujourd’hui c’est devenu GDF-Suez.


Autre difficulté dans l’application de cette phrase, ne risque-t-elle pas de pousser à ne jamais pardonner les offenses passées ? L’histoire aux mains
d’esprits excités peut tout justifier. Même la généalogie n’est peut-être pas sans danger, si elle est dans de mauvaises mains. Ou exploitées à des fins de revendication.


En revanche la connaissance historique perme probablement de mieux prévoir le futur lorsque certains événements se produisent. Je pense en particulier à ce que
certains appellent le printemps arabe. Cette simultanéité des révoltes n’a pas été sans me rappeler les révolutions de 1848, même romantisme, mêmes illusions, quelques trônes renversés, mais en
moins d’un an, retour à la normale, avec d’autres chefs et des élections qui partout donnèrent le pouvoir aux conservateurs. Et déjà le chômage des jeunes était un des facteurs de trouble. On
sait comment Cavaignac les réprima durement.


A propos de généalogie as-tu entendu parler d’un héritage fabuleux (en théorie) d’un habitant de Champagne vers 1670 et
qui ne serait toujours pas arrivé aux héritiers ? Or parmi les milliers d’héritiers, 350 ans plus tard, figure